Tant qu’il y aura des supporters

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Depuis que la terre est ronde, que l’Homme s’est redressé sur ses pattes arrières, qu’il a quitté la meute pour devenir clan, il a cherché à personnifier la quintessence de son être. En s’élevant, de brindilles, son horizon est devenu cette ligne imaginaire qui à chaque pas s’éloigne d’un nouveau pas. Depuis la nuit des temps, l’Homme idolâtre. Ce fût le cas, tour à tour, pour des chefs de guerre, des veaux d’or ou encore des héros de l’Olympe… Sans chercher à ergoter sur ; qui du supporter (lire taire) ou du supporter (lire thé) est arrivé le premier, force est de constater qu’à l’origine, tout n’est que séduction, parfois innocente et involontaire.

Alors que la terre ne tourne pas toujours rond, dans ses provinces dites démocratiques, le sport, à en croire l’historien du sport Sébastien Nadot, existe en tant que tel, avec ses rites et ses règles, depuis déjà six cents ans. Dès cette époque lointaine, des partisans (traduction française de supporter) accompagnent de leurs chants, pour les plus sages, le sportif ou l’équipe qu’ils souhaitent voir dominer une compétition. Ce qui n’a pas changé, depuis notre Moyen-Age est l’extrême idolâtrie parfois portée à un champion mais également, son oubli rapide lors de revers répétitifs. Malgré tout, les choses évoluent !

Sans vouloir paraître macabre, la durée de vie d’un sportif de haut niveau est liée à l’exercice de son art. Rares sont ceux qui laisseront une trace indélébile dans les livres d’Histoire. Qui se souvient de tous les hommes qui sont à l’origine de la légende des poteaux carrés de Glasgow en 1976 ? A présent c’est bien une équipe que l’on supporte, même si le sport est à priori solitaire. On se maquille, on s’habille, on « résaute » aux couleurs de son clan, son équipe. Le supporter ne vocifère plus, il chante. Il accompagne ses gladiateurs des temps modernes, se déplace de ville en ville, traverse les frontières. Il crée des réseaux de supporters.

Tant qu’il y aura des supporters, la transmission orale des actes de bravoure de nos sportifs sera relayée. Tout comme dans les croyances de l’Egypte antique, l’écriture sur une stèle d’un nom ou sa simple évocation permet à un être de continuer à vivre bien après sa mort. Le supporter est garant de l’histoire de son club. Il est passionné et n’a cure des sesterces utilisées pour assouvir sa passion. Il a un cœur qui  déborde de compassion. Il est capable de souffrir du mal infligé à ses protégés, de pleurer d’émotion lors de la victoire, puis de s’effacer afin de rendre la liberté aux jouteurs du jour.

Le supporter remplit des arènes, il est à l’unisson de son équipe. Il la pousse dans ses retranchements, il « fait le job » ! Tout comme les artistes d’un soir ou le boulanger qui se lève à l’aube d’une nouvelle journée pour pétrir sa pâte. Son seul souhait est la symbiose parfaite avec ses idoles. Il donne ce qu’il reçoit et il n’est pas avare. Son rêve, boire à la lie les victoires qui s’enchaînent. Son plus grand bonheur reste, sans conteste, le sourire complice qui peut lui être adressé, même discrètement… et ça, ça n’a pas de prix !

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  1. MARIE CHRISTINE GRALL dit :

    Bravo Dominique pour cette article j’ai adoré tes commentaires merci Bisous

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